Speedy Gonzales

Arriba ! Arriba ! Voici la souris la plus rapide de tout le Mexique, j’ai nommé… moi, Speedy Gonzales ! Né en 1953 grâce à la Warner Bros, une des plus grandes sociétés de production américaines, c’est sous les traits d’une petite souris aux larges oreilles et aux grands pieds que je suis apparu à l’écran. Dans le premier épisode, je ressemblais davantage à un rat : mon visage était beaucoup plus émacié et je possédais une dent en or sur le devant, ce qui ne me mettait pas tellement en valeur.

Je porte le costume traditionnel des paysans de mon pays, les peones, c’est-à-dire une chemise et un pantalon blancs ainsi qu’un foulard rouge noué autour de mon cou. Sur ma tête, un énorme sombrero mexicain jaune trahit mes origines latines. Outre mes vêtements, c’est à mon accent fortement prononcé que petits et grands me reconnaissent encore aujourd’hui à travers, entre autres, la voix de Mel Blanc dans la version originale, et celles de Serge Lhorca et Michel Mella dans la version française.

Un vif succès m’a accompagné durant quarante-six épisodes au cours desquels j’ai souvent eu maille à partir avec mon ennemi juré, le chat Sylvestre, appelé Grosso Mineto en langue originale. En y réfléchissant bien, je me demande lequel des deux déteste le plus l’autre, car j’ai bien souvent humilié et fait enrager ce malheureux félin grâce à mon intelligence et ma ruse incontestables ! Ma vitesse de précision est un atout pour empêcher les indésirables de nous ennuyer.

J’aime faire la fête avec mes amis, notamment José et Manuel, deux autres souris compatriotes. Toutes les occasions sont bonnes pour sortir dans la rue au rythme de la musique des mariachis et entouré de jolies filles. A ce propos, ma réputation de séducteur impénitent n’est pas exagérée. Je suis un incorrigible coureur de jupons et mes conquêtes sont très nombreuses. Lorsque j’arrive pour régler les problèmes des autres souris, c’est souvent comblé de fleurs et encouragé par la gent féminine. A vrai dire, ce trait de caractère m’a souvent desservi aux Etats-Unis où la morale puritaine considérait que je constituais un très mauvais exemple pour la jeunesse. Dans un épisode de 1957, les autres souris se sont alliées à Sylvestre pour lui demander de les débarrasser de moi. Curieux remerciements de leur part, n’est-ce pas ? Pourtant, ma vivacité et ma bonne humeur permettaient de donner une meilleure image des Mexicains que mes camarades, toujours représentés affalés, endormis ou un verre à la main.

Mon cousin, Nonchalanté Rodriguez, apparaît également dans certains épisodes. Il représente mon exact contraire. Alors que je suis la souris la plus rapide, lui est extrêmement lent et se déplace avec effort. Les musiques qui l’accompagnent paraissent toujours traînantes et tristes, contrairement aux miennes qui rivalisent d’énergie. Même s’il sait se défendre face à Sylvestre – on l’a parfois doté de yeux laser – il arrive rarement à récupérer de la nourriture, ce qui explique son incroyable maigreur. Son air préféré est la Cucaracha, une chanson typique de notre pays qu’il fredonne à la vitesse de l’escargot.

Ma dernière apparition sur grand écran date déjà de 2003 dans Les Looney tunes passent à l’action, en compagnie de mes confrères Bugs Bunny, Daffy Duck, Taz, Helmer ou encore Porky. J’étais un peu noyé au milieu de toutes ces vedettes de dessins animés, loin du rôle principal que j’ai longtemps tenu. Je ne devrais pas vous dévoiler ce secret, mais il paraît qu’un long métrage dans lequel je tiendrai le rôle principal est en préparation dans les studios de Looney Tunes… Je compte sur votre discrétion, bien entendu. Ay caramba !

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