Bonhomme de neige

Je vois le jour lorsque la neige étend son manteau blanc sur les paysages d’hiver. Emerveillés par la blancheur éclatante du paysage, les enfants courent hors des maisons afin de me donner vie. Ils façonnent la neige en deux ou trois boules – selon les pays – de différents diamètres, ajoutent une carotte en guise de nez et deux cailloux ou autres objets ronds pour les yeux et les boutons. Ils détroussent leurs parents d’un chapeau et d’une écharpe pour me protéger du froid, et parfois ajoutent des balais ou des branchages en guise de bras. Les Japonais remplacent mon chapeau par un seau retourné. Je suis, comme vous le voyez, chaque fois un peu différent, mais toujours un peu le même puisqu’on me reconnaît au premier coup d’œil !

Dès que les températures radoucissent, je fonds jusqu’à disparaître complètement au milieu d’une grande flaque d’eau. Seuls mes accessoires attestent encore de ma présence passée et éphémère.

Pourquoi les enfants ont-ils choisi de me représenter ? Certainement parce que je suis assez facile à réaliser. Mais nul ne sait vraiment d’où je tire mon origine. On me prête parfois une ascendance scandinave car la mythologie viking évoquait un personnage nommé Jokul Frosti, une sorte d’ogre de glace. Ce n’est qu’au 16e siècle qu’une première apparition en littérature est connue, dans la pièce de théâtre Richard II de Shakespeare. Le roi Richard se compare à moi, se lamentant de ne point être un bonhomme de neige face au soleil. Puis, au 17e siècle, on me retrouve dans une comptine populaire allemande. Au 19e siècle, je prends la place du héros narrateur d’un conte d’Andersen. On me découvre alors dans diverses gravures, et même dans les premiers pas de la photographie.

A partir du 20e siècle, les enfants m’associent aux fêtes de Noël et je deviens un incontournable de l’hiver. Je suis repris dans un certain nombre d’histoires, de mangas et de dessins animés. On se souvient tous du fameux Bouli, ou encore d’Olaf dans La Reine des neiges à qui Danyboon prête sa voix et qui rêve de pouvoir bronzer au soleil. Je dévoile même un côté obscur que l’on retrouve au cinéma dans le film d’horreur Jack Frost où je deviens terrifiant ! Québec m’a choisi comme emblème de ses fêtes dans lesquelles je porte le nom de Bonhomme carnaval : j’arbore un bonnet rouge et une ceinture de laine tressée. La publicité aussi s’est servie de moi à de nombreuses reprises.

Je reste avant tout une figure joyeuse dont la bonhommie est connue partout dans l’hémisphère nord ou encore en Afrique du sud. Mais avant de venir me façonner de vos mains habiles, n’oubliez pas de bien vous couvrir car je suis le seul à supporter avec joie les frimas de l’hiver !

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